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L'anniversaire

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Ouvrir un oeil, puis l’autre, ébaucher d’imperceptibles mouvements de stretching et en arriver à la conclusion que la machine semble prête à fonctionner, même si la journée qui s’annonce ne sera pas des plus faciles. Bref, un espèce de contrat à l’amiable entre lui, à savoir, mon corps et moi-même. Telle une pub d’Electricité et Gaz de France, je ne peux résister à quelques minutes de plus, enveloppée dans mon doux et tiède cocon-couette, jusqu’à ce que d’horribles bruits de gargarismes, du genre homme des cavernes et venant de l’ appartement d’à côté, m’indiquent, qu’effectivement, la journée commence et que si je veux être à l’heure... c’est l´heure.

Par terre, à côté de mon lit, un livre grand ouvert sur la dernière phrase lue et mes pantoufles qui se marrent ou qui bâillent... deux bâillements interminables et contagieux. Dans la cuisine, la cafetière qui commence à s’ennerver, elle glousse, elle glousse... elle se calme, elle a pondu son oeuf. J’enfile mes pantoufles les obligeant ainsi à fermer leur grande gueule, ramasse le livre et, tel le chien de Malaussène à ses meilleurs moments, me dirige les yeux fermés dans le sillon de bonne odeur qui émane de la cuisine. C’est alors que l’inévitable arrive... ma mère au téléphone.



—Bon anniversaire ma grande... 40 ans déjà!... comme les années passent... ça ne me rajeunit pas tout ça!... et, tu verras quand tu auras mon âge comme c’est dur.

 C’est chaque année copie conforme et j’ai appris à supporter ça stoïquement et, qui sait si je ne serais pas déçue si elle changeait  tant soit peu son discours. Comme chaque année aussi, je joue le jeu quand elle avoue avoir été trop fatiguée pour penser à organiser quoi que ce soit en mon honneur, mais qu’elle serait contente de pouvoir compter sur moi pour le dîner.

 

—Entendu, j’y serai et surtout ne te dérange pas, tu sais que les fêtes d’anniversaire c’est pas mon truc.

Cette dernière observation ma mère ne l’a même pas entendue; elle a l’ouïe fine mais sélective.

 

—N’oublie pas notre dîner et soit à l’heure parce que...

Et, avant même de terminer sa phrase, elle raccroche. Je ne peux m’empêcher de sourire... elle se connaît… une seconde de plus et ma fête d’anniversaire surprise et annuelle risquait de  perdre, définitivement, son caractère de surprise.

Un dernier coup d’oeil dans la glace pour confirmer les vertus du botox et du rétinol et, m’ assurer à nouveau, que le passage du 39 au 40 n’a  pas eu d’effets instantanés sur ma personne du genre:

 —Bon sang!, mais qu’est-ce qui m’est arrivé?

C’est bon, pas de changements dramatiques... ni mieux, ni moins bien qu´hier.

 "Seules les rides confèrent à la femme son caractère et sa personnalité"... non ma vieille, je t’en prie, laisse tomber ce genre de phrase à la con (j’sais même pas de qui elle est celle-ci!?)... imbues d’elles-mêmes et inutiles, comme de vieilles bouées de sauvetage patchées de rustines, elles sont aussi pathétiques qu’un sourire de lèvres siliconnées. Je suis prête, je sors.



Aujourd’hui il pleut. La ville entière conjugue le verbe bouchonner au présent et à toutes les personnes; j’en profite pour aller faire un tour dans mes pensées. Dans la voiture d´à côté, un enfant assis dans son siège spatial, observe… ça girophare, ça stridule... pardon Pennac, encore toi... et le bébé super cool... c’est à croire qu’il n’a pas encore atterri ou qu’il faudrait peut-être faire analyser les nouveaux lait en poudre. Il finit quand même par tourner la tête vers moi... je lui souris, lui ressouris... rien, je m’énerve et lui tire la langue. Alors là, c’est la fête et sa bonne bouille s’illumine  dans un sourire de lune croissante où brillent quatre petites dents, telles quatre bougies d’anniversaire... merci mon vieux, tu n’as mis que les dizaines mais c’est super.

 

C’est toujours dans la file d’à côté que les voitures commencent à circuler et je vois alors mon beau bébé- gâteau d’anniversaire qui s’en va. Une seconde plus tard, c’est le désastre devant moi. La maman de mon gâteau a bugné... c’est la vraie patissière! Rien de grave mais c’est au présent et au futur maintenant qu’on recommence tous à  conjuguer notre verbe. Je retourne faire un tour dans mes pensées mais c’est bouché aussi. Une seule voie de secours sur la gauche: le parking de l’hosto. Je me souviens alors d’une démarche que j’ ai à y faire. Je me gare et entre par une petite porte latérale mais, vu que le  sens de l’orientation ça fait pas féminin,  je m’en passe, me paume et me retrouve, comme par hasard, au rayon que j’aime le moins, celui des personnes âgées.

—S’il vous plaît, pour aller...

—C’est au fond du couloir à gauche...

Je me dirige droit au but, à petits pas rapides et silencieux, dans une magnifique interprétation simultanée de visiteur de cathédrale interrompant l’office et d’enfant débutant dans le train de la sorcière. Comme lui, je tourne de grosses billes dans le tunnel et, tout à coup, d’une porte restée grand ouverte c’est comme si je me prenais le balai de la sorcière en pleine tronche. Ebahie, j’observe la scène... J’hésite: théâtre guignol ou Ionesco? J’aime les deux, alors, j’ai pas pris mon billet mais j’entre quand même. Une femme d’un certain âge ou d’un âge certain est en train de donner à manger à un très vieil homme. Les yeux levés sur la télé, la femme a un geste de distributeur automatique de soupe aux choux et notre malade a bien saisi que, s’il ne veut pas tester une nouvelle formule de collyre aux légumes, il vaut mieux pour lui ne pas rompre le rythme implacable de la cuillère. Pour faciliter l’automatisme du geste,  quelqu’un a pris la peine de coller un bout de sparadrap qui va, de l’extrémité mollasse du long pif du vieillard jusqu’à  sa  proéminente pommette droite,  ouvrant ainsi une voie de passage genre, canal de suez, entre  la cuillère et la bouche édentée. Le distributeur automatique se rend compte de ma présence et peut-être de mon étonnement. Sans baisser ses télé-cam sur moi, elle m’explique que c’est à cause du nez flasque et long qui, avec le menton, forme une pince infranchissable.


Le vieil home-crabe  ne peut toujours pas tourner ses antennes vers moi, c’est risqué. Je m’approche alors de son lit et, sa surdité ne me faisant aucun doute, je me dirige au distributeur.

— Ça doit le gêner.

Et l’homme-crabe pas plus sourd qu’idiot de répondre à la vitesse de la cuillère:

— Pas du tout ma p’tite dame!

Et un immense sourire plein d’humour et d’optimisme  illumine  alors son visage... trop cool le sourire, même s’il a oublié d’y allumer des bougies. Mais tout ça, ça fait beaucoup pour un petit bout de sparadrap qu’il soit urgo ou pas…  il se tend, se décolle , le nez retombe, la pince se ressert et c’est le distributeur qui se prend la soupe en pleine bobine, la main-cuillère se grippe et notre femme-robot pête les plombs et nous laisse. C’est le fou  rire entre nous deux. Un long et bon fou rire magique  qui nous transporte au rayon que je préfère, celui des rêves, des ballons multicolores et des confettis. 

 

Homme-crabe,  bébé-gâteau, venez... je vous emmène tous les deux à la fête surprise chez ma mère!

 


 

 

02/05/2010 10:56 dominiquevernay #. sin tema No hay comentarios. Comentar.

“Con el permiso de la autoridad y si el tiempo no lo impide"

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Rojo de amapola,

amarillo de retama.

Dehesa vacía,

en la plaza

el toro.

Al calor del asfalto

una culebra

tienta a la suerte.

El toro cae.

El hombre aplaude.

El coche pasa.

La culebra se retuerce.

Castilla sangra,

Castilla llora.

Claqueteos de cigüeña

llenan el aire.

El toro muere.

 

   

 

 

 

   

06/05/2010 00:50 dominiquevernay #. sin tema Hay 3 comentarios.

El Gormiti meón (pastiche)

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Con lágrimas que me subieron de los huesos, mal vestidos y graves, los vi perderse en fila e internarse, seguramente para no salir más, por el ardido corazón de África".                  

La arboleda perdida. (Rafael Alberti)

                        

                           Un mono cruza la carretera. Nos reímos. En el coche reina el buen humor porque nos hemos convencido de que somos turistas en un país que ha cambiado y que si algunos con los que nos cruzamos van mal vestidos y graves es porque, como en cualquier continente, el lunes es un día jodido y que para ir a trabajar en las plantaciones  a nadie se le ocurriría ir con traje y corbata. 

Tenemos un largo camino por delante y queremos llegar antes de que anochezca; aquí el sol se va sin avisar, sobre las seis de la tarde, en un movimiento de caracol que se replega en su concha.

 En un cruce, un hombre está sentado en uno de los quitamiedos de la carretera; no se ve ninguna casa, ningún pueblo en kilómetros a la redonda. Nuestro todo terreno hace el stop y podemos observar a aquel anciano con pinta de «rasta»; podría echar una mirada hacía nosotros en aquel páramo solitario, pero no desvía su mirada ni un ápice, una mirada que parece perderse en el mismísimo ardido corazón de África.

—Quiero pis, se queja de repente uno de los pequeños que nos acompañan en este viaje.

Me toca a mí ocuparme del infante; bajamos del coche y nos adentramos unos metros en la maleza, ya que no puedo desaprovechar la ocasión para aliviar mi propia vejiga. Entonces, detrás de los primeros arbustos, a unos metros de nuestro reluciente todo terreno, está, de verdad, ese valeroso corazón africano. De varias chabolas, con los pies embarrados y los ojos abiertos como platos, unos niños salen a nuestro encuentro; de edad aproximada a la de mi joven compañero de viaje meón, nos observan como ovnis caídos del cielo…  el asombro es mutuo y mientras nos alejamos para buscar otro sitio ante la emergencia, los pequeños nietos del Apartheid, sombras en el bosque, se pierden en fila al internarse en él.

—Ya no tengo ganas, quiero volver al coche —me suplica el niño asustado— seguro que esos niños nos van a seguir y pegarnos.

—Tranquilo, Valiente Gormiti Señor de los Bosque, se han ido y seguramente para no salir más —le contesto mientras le ayudo a bajar la cremallera de su pantalón.

Por fin oigo un chorrito que cae sobre las flores rosas de una jacaranda; el pequeño no deja de echar miradas a diestro y siniestro, mientras yo reprimo unas lágrimas que me suben de los huesos.

                                                                    

26/05/2010 16:13 dominiquevernay #. sin tema Hay 3 comentarios.


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